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Ma vie en rose
Affiche de Ma vie en rose
Film 1997 · 1h28

Ma vie en rose

« Parfois, il faut juste être soi-même... »

6.9/10 (110 votes)
IMDb
Drame Comédie

Réalisateur : Alain Berliner

Une famille moyenne s'installe dans une banlieue banale. Ils décident de s'intégrer rapidement à leur voisinage avec un barbecue. Là un petit garçon, le plus jeune, débarque, déguisé en fille. De là le malaise grandira, au sein de la famille mais aussi des amis. Personne ne sait comment lutter contre un petit garçon qui rêvait d'être une fille. D'homophobie en psy, de trahisons en dépressions, l'homme montre sa mesquinerie face à la différence...

Notre avis

signé Raphaël Tournier
Ma vie en rose, film de 1997, s’inscrit dans un cinéma qui cherchait à représenter avec plus ou moins de subtilité les questions de genre et d’identité, mais qui, à l’époque, pouvait encore heurter par son approche frontale et sans détour. Le scénario, centré sur un jeune garçon habillé en fille et convaincu de son identité, offre une perspective rare pour son époque, exposant la complexité des dysmorphies de genre à travers le prisme familial et social. La force du film réside dans sa capacité à dépeindre un drame intime, mêlant incompréhension, peur et tentatives de compréhension via la psychologie. La scène d’ouverture, conviviale, contraste avec la spirale d’incompréhension qui s’ensuit, illustrant la difficulté qu’éprouvent certains parents face à l’émergence de sentiments ou d’identités jugées hors norme par la société.

Ce qui rend Ma vie en rose remarquable, c’est sa sincérité à aborder un sujet tabou — celui de l’identité de genre d’un enfant, et la peur qu’elle suscite dans un contexte social conservateur. La mise en scène, simple mais efficace, évite la spectaculaire ou le voyeurisme, privilégiant la dimension humaine. Cependant, le film souffre aussi de ses défauts, notamment d’une approche parfois caricaturale dans la réaction des voisins ou dans l’expression de l’angoisse parentale, ce qui peut donner une impression de décalage avec la réalité plus nuancée de ces situations. La fin, qui laisse un peu sur sa faim quant à la résolution des tensions, rappelle que le cinéma de l’époque n’était pas encore totalement équipé pour faire preuve d’une véritable profondeur psychologique sur ces sujets.

Ma vie en rose demeure un document poignant, sensible et, paradoxalement, un peu daté. Il s’adresse aux spectateurs à la recherche d’un récit volontairement sincère sur la question du genre et de l’acceptation. À voir, donc, si l’on veut comprendre la façon dont ces problématiques étaient perçues il y a vingt-cinq ans, tout en gardant à l’esprit ses limites liées à une certaine naïveté narrative.

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