Crimes of the Future
Réalisateur : David Cronenberg
Adrian Tripod est le directeur de La Maison de la Peau, institut pour riches patients atteints de pathologies dermatologiques suite à l'usage de produits de beauté. Il succède à Antoine Rouge, médecin décédé d'une maladie qu'il a lui-même découvert et à laquelle il a donné son nom. Des patients de l'Institut, il ne reste plus qu'un individu, les autres ayant visiblement succombé à l'épidémie Rouge
Notre avis
signé Étienne ChassagneCronenberg explore l'idée du corps comme site de performance, d'art, de contestation politique. L'image du corps qui se transforme, qui expulse, qui mute devient langage cinématographique propre. C'est viscéral au sens double : littéralement troublant biologiquement, mais aussi touchant quelque chose de viscéral dans notre rapport à l'incarnation et à l'humanité.
Techniquement, les effets pratiques—prothétiques, chirurgies documentées—impressionnent. Aucune concession au digital. Ceci ancre le film dans une matérialité concrète, rendant chaque déformation organique troublante et présente.
Cependant, comme souvent chez Cronenberg, clarté narrative n'est franchement pas priorité. Le "groupe mystérieux" qui souhaite exploiter Saul demeure inarticulé et mal développé. Les motivations politiques supposées du film restent implicites. On ne sait jamais réellement ce que Cronenberg essaie de communiquer au-delà de la provocation visuelle et somatique.
Le film demande une patience considérable : rythme délibérément lent, dialogues énigmatiques, peu de moments spectaculaires traditionnels. Ceux s'attendant au cinéma de gratification rapide seront frustés.
À voir pour admirateurs de Cronenberg et cinéma corporel radical. À zapper pour cinéma classique ou grand public.
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