Notre avis
signé Marc DelacroixLe taarab, musique populaire des rues zanzibarites, constitue le cœur vibrant du programme. Plutôt que de montrer des cartes postales, le réalisateur nous plonge dans les souks, les marchés, la vie quotidienne où naît cette musique métissée. C'est l'afro-arabe qui s'exprime brut, sans filtrage académique.
Le Palais des Merveilles ajoute une dimension architecturale et historique. Ce symbole du pouvoir sultanien incarne les séquences commerciales qui ont forgé l'archipel. Voir ce bâtiment, c'est comprendre comment se nouent les routes marchandes historiques.
Cependant, le format court contraint le programme : on aurait aimé plus de temps avec les habitants, moins d'envolées romanesques. Adam Shafi Adam méritait une exploration politique plus poussée. Les couches historiques de Zanzibar sont si riches qu'une heure suffit à peine à les effleurer. Le parti pris esthétique prévaut parfois sur la profondeur analytique : c'est beau, mais un peu superficiel.
Malgré ces réserves, c'est une fenêtre poétique sur une région méconnue. À regarder pour se dépayser et découvrir une Afrique moins exotique, plus réelle qu'il n'y paraît.
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