Notre avis
signé Étienne ChassagneNakashima refuse le ton larmoyant. Matsuko est maladroite, oui, mais elle possède une légèreté d'être face aux épreuves. Le film alterne entre narration au présent (le neveu découvrant son appartement vide) et flashbacks colorés de sa vie passée. Cette structure crée une tension entre le morbide (elle est morte, retrouvée noyée) et la vitalité des souvenirs vibrants.
Ce qui frappe, c'est la beauté transcendante mentionnée dans le synopsis - ce n'est pas qu'une formule. Matsuko incarnée par Mao Daichi rayonne littéralement. Elle attire les hommes, les déçoit, se relève, tombe à nouveau. C'est un schéma répétitif mais présenté sans jugement : juste la vie d'une femme du baby-boom japonais naviguant dans un Japon en transformation rapide.
Le film devient progressivement plus mélancolique quand on réalise que tous ces moments vibrants mènent à une mort anonyme. C'est troublant non pas de façon graphique mais existentielle. Qu'est-ce qu'une vie remplie de connexions brèves et de redémarrages ?
La coloration acidulée du film, ses costumes kitsch, sa musique pop contrastent avec le poids philosophique du propos. C'est un mélange tonalement délicat, parfois grinçant, toujours honnête.
À voir pour sa singularité tonale et sa compassion authentique envers un personnage improbable.
Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète
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