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Dororo
Affiche de Dororo
Série 1969 · 1 saison

Dororo

どろろと百鬼丸

6.4/10 (10 votes)
IMDb
Action & Adventure Animation Science-Fiction & Fantastique

Ce manga, se déroulant durant l'époque Sengoku, conte l'histoire de Hyakkimaru, jeune homme dont 48 parties du corps sont offertes à 48 démons au moment de sa naissance. Son père a, en effet, conclu un pacte avec eux afin d'acquérir des pouvoirs. Il abandonne aussitôt son fils qui est élevé par un médecin. Celui-ci remplace les parties manquantes du corps de Hyakkimaru par des prothèses, dont certaines s'avèrent être des armes (par exemple, ses faux bras cachent des sabres). Comme la vue, l'ouïe et ses autres sens lui ont été dérobés, le jeune homme développe des sens surnaturels qui lui permettent de se défendre face aux démons. À chaque fois qu'il bat l'un d'eux, il récupère une des parties manquantes de son corps. Le titre du manga fait référence au personnage secondaire, Dororo, un jeune orphelin voyou qui croise le chemin de Hyakkimaru et le suit à travers le Japon.

Notre avis

signé Sophia Haddane
Dororo émerge comme une œuvre d’animation qui tiskit à la fois par sa noirceur palpable et par la finesse de ses détails narratifs. Son côté sombre, parfois déroutant, plonge le spectateur dans une ambiance nihiliste et poétique où la brutalité et la compassion se côtoient avec une intensité saisissante. La série va au-delà du simple récit de vengeance pour explorer des thèmes profonds tels que la quête d’identité, la rédemption, et la résilience face à l’adversité, ce qui lui donne une dimension philosophique rare dans l’univers de l’animation japonaise.

Ce qui frappe ici, c’est la qualité de la direction artistique : un trait rude, presque minimaliste mais chargé de symbolisme, qui sert à magnifier chaque scène de combat ou d’émotion avec une sincérité touchante. L’animation n’est pas forcément fluide à tout moment, mais ce grain brut contribue à renforcer cette atmosphère de filiation entre le folklore défiguré et la brutalité de la réalité. La construction des personnages est aussi remarquable, notamment Hyakkimaru, dont le corps mutilé devient la métaphore d’un désir ardent de réparer le passé, et Dororo, un contrepoids lumineux à la noirceur de leur environnement.

Cependant, le récit peut parfois sembler trop haché ou tirer en longueur dans ses introspections, ce qui pourrait dérouter ceux qui cherchent une narration plus dynamique. La série ne cède pas à la facilité en proposant une vision désespérée, mais c'est cette sincérité crue qui lui confère toute sa puissance.

Pour les amateurs de séries qui aiment découper leurs émotions, Dororo offre un voyage intense et sincère. Une œuvre à voir si l’on souhaite sortir des sentiers battus, mais à zapper si l’on préfère les divertissements légers. Pour ma part, elle mérite une place dans la liste des incontournables de l’animation dramatique japonaise.

Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète

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