Notre avis
signé Étienne ChassagneAva DuVernay peint le décor comme un personnage à part entière. Les paysages désertiques du Texas respirent une beauté rude, tandis que les chevaux filmés en liberté capturent une force primitive souvent absente du cinéma western contemporain. Le film refuse la sentimentalité facile pour offrir une exploration sincère de la résilience féminine. Tabatha n'est ni héroïne surhumaine ni victime plaintive – elle négocie sa survie avec pragmatisme.
Le temps d'écran généreusement accordé à Porshia crée des tensions naturelles : une adolescente qui teste les limites, une mère qui refuse de la protéger simplement. Cette dynamique mère-fille rappelle que tout n'est jamais blanc ou noir dans les liens familiaux. L'antagoniste Roy Waters n'est pas un méchant caricatural mais un homme d'affaires qui incarne une certaine version du rêve américain – prédatrice et tentatrice.
La réalisation reste maîtrisée, parfois trop retenue. Certains silences pèsent d'une manière pénétrante, d'autres semblent juste vides. Le film gagne à la deuxième moitié, quand les intentions deviennent claires et les enjeux éthiques plus aigus. Les scènes de dressage évitent le spectaculaire gratuit pour se concentrer sur la patience et la compréhension mutuelle.
Pour les amateurs de western introspectif et de cinéma d'auteur.
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