The Brutalist
Réalisateur : Joe Burden
Notre avis
signé Étienne ChassagneThe Brutalist s'affirme comme cinéma d'art avec une majuscule. C'est un film sur la douleur portée en silence, sur l'exil comme deuxième mort, sur comment un homme forge une identité nouvelle dans une ville qui ne veut que l'assimiler. L'architecture elle-même devient métaphore : construire nécessite des fondations, des ressources, une vision. Tóth possède la vision mais doit négocier le reste.
Adrien Brody, trop souvent cantonné à des rôles secondaires, brille ici dans une incarnation fouillée. Son accent, sa gestuelle, son rapport à l'espace participent d'une présence complexe. Harrison Van Buren, riche mécène aux ambitions sombres, incarne les pièges du capitalisme américain. Le projet de bibliothèque modernisée devient terrain d'affrontement idéologique.
Brady Corbet en tant que réalisateur impose un rythme lent, contemplatif, exigeant de son public l'effort de réflexion. Le film ne pardonne pas la distraction. Ce n'est pas un biopic classique mais méditation sur l'art, la survie et le prix de l'intégrité artistique.
À voir pour quiconque accepte le cinéma exigeant comme conversation et non divertissement. À zapper si vous avez besoin de résolutions nettes et de musiques dramatiques accentuées.
Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète
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