The Age of Innocence
Réalisateur : Philip Moeller
Notre avis
signé Étienne ChassagneScorsese peint ce monde claustrophobique avec une richesse visuelle absolument hypnotisante. Les costumes scintillent, les intérieurs aristocratiques baignent dans une lumière dorée et théâtrale, et chaque cadre cinématographique semble suspendu dans l'ambre, figé hors du temps. Sous cette beauté, cependant, se terrent le mépris cruel et l'égoïsme fondamental de la classe dirigeante. Daniel Day-Lewis insuffle à Newland une retenue physique qui le dévore littéralement de l'intérieur, Michelle Pfeiffer rayonne dans sa vulnérabilité constante et sa dignité écrasée, tandis que Winona Ryder campe une May trompeusement simple en apparence. La narration en voix-off de Scorsese crée une distance ironique essentielle, renforçant l'impression inévitable de tragédie attendue du destin des personnages.
Le récit progresse volontairement lentement, accumulant les détails minutieux qui restituent cette période avec une précision quasi archéologique et oppressante. Certains trouveront le rythme excessivement mesuré; d'autres y découvriront une méditation profonde et magistrale sur l'amour impossible et le sacrifice permanent des désirs personnels. À voir pour la critique virulente du conformisme bourgeois et les prestations magnificentes du casting.
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