Sweet Country
Réalisateur : Warwick Thornton
Dans l'Australie des années 1920, un ouvrier agricole aborigène en état de légitime défense tue un Blanc avant de s'enfuir dans l'outback, poursuivi par un homme de loi.
Notre avis
signé Étienne ChassagneSweet Country bénéficie d'une prémisse originale. Le western se réinvente ici, quittant le contexte américain familier pour explorer la colonialité australienne. Le film pose une question fondamentale : qu'existe-t-il comme justice dans un système où la loi elle-même opprime ?
La cinématographie capture l'outback avec une beauté austère. Le paysage devient un personnage, tantôt refuge, tantôt adversaire pour le fugitif. Les scènes de poursuite possèdent une tension réelle.
Ce qui distingue Sweet Country, c'est sa refonte du mythe occidental. L'homme pourchassé n'est pas un outlaw moral, mais une victime devenant fugitif par nécessité. L'homme de loi n'est pas un justicier admirable mais un représentant d'un ordre injuste.
Cependant, le film manque parfois de profondeur dans son analyse de la colonialité. Les enjeux raciaux auraient mérité plus d'exploration. Certains personnages aborigènes restent un peu génériques dans leur représentation.
La pacing s'alentit de manière frustrante par moments. Les scènes de fuite se répètent, le suspense se dilue. Une version plus serrée aurait bénéficié au film.
Sweet Country offre néanmoins une perspective rafraîchissante sur un genre en quête de renouvellement. À découvrir pour amateur de western réinventé et de cinéma australien.
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