Super Size Me
Réalisateur : Luke Hamill
Notre avis
signé Raphaël TournierPendant 30 jours, Spurlock ne mange que McDonald's : trois repas par jour, obligatoirement en grande taille lorsque proposé, sans restriction. L'expérience devient grotesque rapidement - prise de poids spectaculaire, nausée permanente, dégénération physique filmée en direct - mais elle reste étrangement captivante, surtout pour comprendre comment le corps s'écroule sous une pareille agression alimentaire.
Le génie du film tient aussi à son investigation parallèle : consultants en santé, éducateurs, avocats et publicitaires expliquent comment les fast-foods se sont implantés comme épine dorsale de l'alimentation américaine. Les interviews démontrent comment le marketing ultra-agressif cible les enfants, comment les cantines scolaires servent la même poubelle que McDonald's, comment le lobbying étouff toute régulation sérieuse.
C'est efficace, parfois maladroit dans sa démonstration (un enfant obèse filmé sans vraiment questionner les conditions qui l'ont créé), mais l'intention reste sincère. Spurlock ne joue pas au moralisateur ; il documente sa propre dégradation avec une certaine autodérision.
Le documentaire a vieilli dans sa forme - les statistiques datent, le montage ressemble à un clip des années 2000 - mais l'observation qu'une industrie peut sciemment dégrader une population entière reste tristement actuelle.
Indispensable pour comprendre les origines du débat sur la malbouffe, même si des questions éthiques persistent.
Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète
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