Notre avis
signé Étienne ChassagneLe propos environnementaliste, plaidant pour la cohabitation pacifique avec les grands félins, s'avère naïf au point de frisera l'irresponsabilité. Aucun scénario plausible ne justifie véritablement pourquoi cette famille accepte de vivre au cœur de ce carnage permanent. Les dialogues manquent cruellement de naturel, les performances souffrent visiblement des conditions de tournage terrifiantes.
Mais voilà le paradoxe : aucun CGI ne simule l'effroi viscéral des acteurs face à ces bêtes. Chaque scène procure une tension palpable car le danger demeure authentiquement mortel. Les chiffures de patte, les érafflures, les morsures causées sur le plateau s'inscrivent dans l'image avec une brutalité cinémathèque inimitable. Roar devient involontairement un document sur l'hybris du cinéma et le prix humain de l'ambition créative déraisonnable.
L'intrigue naïve sur la colonie animale ravagée disparaît rapidement sous les assauts félins constants. Seules subsistent les images brutes de bestioles affamées envahissant chaque coin de cadre. Le film fascine moins qu'il horrifie, non par sa fiction mais par sa folie documentée.
Reserver aux cinéphiles collectionnant les expériences cinématographiques extrêmes. Les autres risquent surtout l'inconfort.
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