Roadracers
Réalisateur : Robert Rodriguez
Cheveux gominés et blouson noir, Gomeux, jeune marginal fasciné par les voitures et le rock'n roll, file le parfait amour avec Dona, la brune la plus sexy de la ville. Lorgnant jalousement sur leur bonheur, Teddy, encouragé par son père officier de police, se fait un malin plaisir à les provoquer, surtout depuis que Gomeux a enflammé les cheveux de sa petite amie. D'altercations orageuses en empoignades musclées, le petit jeu entre Gomeux et Teddy devient de plus en plus violent et malsain jusqu'au jour de la redoutable confrontation...
Notre avis
signé Étienne ChassagneLe film excelle dans sa création d'atmosphère. La musique accompagne chaque scène, fusionnant le récit visuel avec une bande sonore rock-punk qui propulse les images. Les voitures sont filmées comme des objets de culte. Tout respire le marginalisme juvénile des années 1950 : c'est un film qui aime ses personnages même quand il reconnaît leur destructivité.
Gomeux, au cœur du récit, représente le rêve de liberté sans conséquences. Il est séduisant par son inconscience joyeuse. Dona fonctionne moins comme personnage que comme prix de la compétition masculine, ce qui vieillit mal. La dynamique de possession entre Gomeux et Teddy crée une tension classique mais efficace : deux jeunes mâles rivalisent pour statut, argent, fille.
Teddy, fils de flic, incarne le système qui réprime les Gomeux de ce monde. Le film pose implicitement la question : qu'adviendrait-il si le système justement réprimait ces jeunes ? Mais il renonce à creuser cette interrogation pour rester dans l'action.
Les séquences de course automobile sont stylisées et exhilarantes. Le cinéaste utilise la caméra pour créer du mouvement, de la vivacité. Ces moments justifient le titre du film.
Cependant, le scénario reste étroitement adhérent à ses archétypes. Il n'y a pas de surprise narrative. Les personnages sont surtout des fonctions : le rebelle sexy, la fille désirable, l'antagoniste vicieux. Leur intériorité reste mineure.
Le climax, quand il arrive, est violent et bref, apportant une conclusion nihiliste qui tranche avec le ton globalement ludique du film précédent.
À voir pour amateurs de cinéma marginal des années 1950 et de road movies rétro. À zapper si vous cherchez une profondeur psychologique.
Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète
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