Notre avis
signé Étienne ChassagneLa force dégénère immédiatement dans l'inconfort physique : les scènes d'agression et le vide qui suit s'imposent sans complaisance. Le film ne nous épargne aucun moment de douleur, ce qui établit un ton juste, difficile. Les deux femmes principales ne sont ni sympathiques ni monstres, juste profondément endommagées et cherchant une forme de connexion humaine même si c'est par la manipulation et le mensonge.
L'ambiguïté morale du récit est sa force principale. On ne sait jamais exactement où commence la vérité et où finit la projection, ni qui manipule qui, ni si la malveillance est intentionnelle ou simplement la conséquence du trauma. Cette instabilité émotionnelle maintient constamment le spectateur en déséquilibre.
Cependant, le film court le risque d'être autiste à sa propre sensibilité. Au milieu, le rythme ralentit, les personnages tournent en rond émotionnellement sans progression claire. Certains choix narratifs paraissent insoutenables simplement pour la provocation, pas pour le propos. L'atmosphère oppressante devient fatigante sans offrir de clarification ou d'évolution.
Le dernier acte vacille entre l'exploitation du trauma et la vraie réflexion sur la culpabilité et la rédemption. Quelques scènes finale heurtent davantage qu'elles ne catégorisent.
Ce n'est pas un film agréable, c'est une exploration brutale de la psyché humaine. À voir si vous cherchez le malaise et la complexité morale. À zapper si le confort émotionnel vous importe.
Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète
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