Notre avis
signé Étienne ChassagneLa construction du suspense repose sur les regards, les non-dits, les implications plutôt que les révélations spectaculaires. Le film joue avec notre propre doute : Morlaix a-t-il vraiment tué sa femme ? Baroni projette-t-il ses frustrations sur cet homme ?
La chimie entre l'inspecteur et le suspect génère une tension palpable. Les scènes dans les bureaux de police, les cafés, les rues de Bordeaux construisent peu à peu une psychologie du soupçon. L'esthétique austère du film ajoute pertinence au sujet grave.
Morelaix, décrit comme sans ambition et maintenant veuf, devient progressivement complexe. Le film garde l'ambiguïté intacte concernant sa culpabilité, ce qui le place au-delà du simple policier conventionnel. Cette incertitude finale constitue sa force réelle.
Le rythme délibérément lent peut tester la patience des spectateurs habitués au policier contemporain. Quelques scènes de développement psychologique auraient renforcé les enjeux émotionnels.
Pour les amateurs de thriller psychologique minimaliste. À voir pour l'exploration du doute et de la culpabilité. À zapper si vous cherchez de l'action ou des révélations sensationnelles.
Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète
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