Nous, ouvriers : «Nos cœurs battent encore » (1983 à nos jours)
Ils y ont crû : un président de gauche devait forcément les protéger. La désillusion est terrible. Dès 1983, la fermeture des Hauts-Fourneaux, les restructurations dans l’automobile, les délocalisations, l’intérim, le chômage, la précarisation de la vie assomme les ouvriers. Celui qui a un emploi est un chanceux. Pour le conserver, il faut faire profil bas et endurer un rythme toujours plus soutenu. Les ouvriers qui, un temps, avaient espéré accéder aux classes moyennes, se retrouvent une nouvelle fois relégués en bas de l’échelle. La fierté d’appartenance à une classe laborieuse a disparu avec cet espoir déçu. Désormais, on ne se dit plus « ouvrier ». On préfère le nom d’ «opérateur» ou de «technicien». Sept millions de travailleurs sont ainsi «ouvriers » sans vraiment le savoir eux-mêmes.
Bande-annonce du film Nous, ouvriers : «Nos cœurs battent encore » (1983 à nos jours)
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