Ma mère, mon poison
Mommy Would Never Hurt You
Réalisateur : Daniel Lusko
Riley, une jeune fille d’environ 17 ans, tente de persuader sa petite sœur Beth, 14 ans, de s’échapper de chez elles. Leur père est mort dans un accident de voiture peu de temps auparavant et leur mère ne les laisse plus sortir de chez elles de peur qu’il leur arrive quelque chose. Mais Beth est terrifiée à l’idée de partir et refuse de suivre sa sœur, qui part sans elle. Trois ans plus tard, Riley revient rendre visite à sa mère et sa sœur. Entre-temps, elle a ouvert une boulangerie et rencontré l’amour auprès d’Aiden, dont elle est désormais la fiancée. En arrivant, sa mère, Monica, lui explique que sa sœur est très malade. Atteinte du syndrome de Guillain-Barré, elle n’a plus le droit d’aller dehors. Les deux sœurs se rapprochent rapidement tandis que le comportement de leur mère est de plus en plus étrange. Elle confisque et cache le portable de Riley pour l’empêcher de parler à Aiden, infirmier, qui faisait des recherches sur la maladie de Beth...
Notre avis
signé Étienne ChassagneLe film excelle en créant une atmosphère d'enfermement psychologique. Monica, la mère, n'est pas un antagoniste caricatural mais une femme dont la peur excessive devient pathologique. Cette nuance rend le personnage plus terrifiant, car la sévérité émane du traumatisme plutôt que de la malveillance brute. L'ironie amère du titre résume parfaitement cette dynamique : la mère dont l'amour se transmute en poison.
Les performances actrices soutiennent cette complexité. La mère incarne une femme brisée tentant de contrôler ce qu'elle ne peut accepter de perdre. Les sœurs, réunies après trois ans, naviguent une intimité fraternelle mêlée de culpabilité et de méfiance.
Le film explore intelligemment comment la maladie de Beth devient un instrument de contrôle, que Beth elle-même intériorise. La question du syndrome de Guillain-Barré demeure ambiguë : est-il réel ou psychosomatique ? Le film laisse cette incertitude planer, ce qui constitue un choix narratif courageux.
Cependant, le pacing souffre par moments de longueurs qui diluent la tension. Certaines scènes tardent à se conclure, testant la patience du spectateur sans apporter de révélations significatives. La fin, bien que logique, ne constitue pas véritablement une surprise.
Ce film intéressera ceux fascinés par les psychodrames familiaux et les thrillers psychologiques ancrés dans le quotidien. C'est un exercice d'inconfort spectatoriel maîtrisé.
À regarder pour une exploration sombre de la famille et des prix cachés de la protection excessive.
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