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Locataires
Affiche de Locataires
Film 2004 · 1h30

Locataires

빈집

7.8/10 (1265 votes)
IMDb
Drame Romance Crime

Réalisateur : Kim Ki-duk

Tae-suk arpente les rues à moto. Il laisse des prospectus sur les poignées de porte des maisons. Quand il revient quelques jours après, il sait ainsi lesquelles sont désertées. Il y pénètre alors, occupe ces lieux inhabités, sans jamais rien y voler. Il va même jusqu'à laver le linge, réparer les objets cassés qui l'entourent. Un jour, il s'installe dans une maison aisée où habite Sun-houa, une femme maltraitée par son mari. Dès qu'il découvre sa présence, il quitte les lieux. Pourtant, ne pouvant l'oublier, il revient sur ses pas pour l'emmener avec lui. Dès lors, d'appartements en villas, de demeures en maisons, le couple partage en silence la solitude qui les unit. Alors que tout le monde cherche à les séparer, un étrange lien aussi puissant qu'invisible semble les confondre.

Notre avis

signé Étienne Chassagne
Film coréen de Lee Chang-dong, explore avec subtilité troublante les dynamiques de pouvoir, de dépendance mutuelle, et d'engagement entre deux êtres. C'est un film qui refuse les catégories faciles, morales ou psychologiques. Tae-suk, protagoniste non-conventionnel, n'est jamais un voleur. Il pénètre dans des maisons inoccupées, les nettoie, répare ce qui est brisé. Il s'octroie un logement temporaire sans spoliation. C'est une forme étrange de violation intrusive à consonance philanthropique. La psychologie de ce personnage reste volontairement opaque. Quand il découvre Sun-hwa, femme maltraitée mariée à un mari brutal, il choisit initialement de partir. Mais il revient, et elle accepte de le suivre. Commence alors une odyssée à travers des maisons louées où les deux personnages forment une unité symbiotique sans paroles, unifiés par une solitude commune. Le film excelle dans son refus du mélodrame ou de la psychologisation naïve. Pas de scènes de violence graphique, pas de grandes déclarations émotionnelles, pas de résolution facile. Lee Chang-dong filme la proximité silencieuse avec une retenue qui renforce paradoxalement l'intensité. L'esthétique demeure délibérément austère. Les maisons deviennent des espaces transitoires, reflet de l'existence itinérante du couple. La cinématographie se concentre sur le registre des gestes minimaux. Cette retenue peut paraître excessive à certains. L'absence de clarification sur les intentions réelles de Tae-suk peut frustrer. À découvrir pour les cinéphiles appréciant l'ambiguïté psychologique. À zapper pour qui préfère les récits narratifs confortables.

Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète

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