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Affiche de "Les quatre saisons" à Venise
Film 2025 · 0h52

"Les quatre saisons" à Venise

Musique Documentaire

Réalisateur : Martin Mirabel

Sur instruments d’époque, le violoniste Théotime Langlois de Swarte et l’ensemble Le Consort débutent Les quatre saisons de Vivaldi avec Le printemps, installés au petit matin dans la cour intérieure du palais Contarini della Porta di Ferro. Pour L’été, les musiciens prennent place entre les colonnes du palais Grassi, qui abrite la collection d’art moderne et contemporain de François Pinault. Place ensuite à L’automne, joué sur l'île San Giorgio Maggiore dans la grande salle de la Fondation Giorgio-Cini, un ancien monastère bénédictin qui accueille plusieurs instituts de recherche, dont un dédié à Vivaldi. Enfin, alors que la nuit descend doucement sur la Sérénissime, L’hiver retentit sous leurs archets dans l’auditorium Lo Squero, fenêtre ouverte sur le Grand Canal et le palais des Doges.

Notre avis

signé Étienne Chassagne
Ce programme offre une plongée sensorielle dans l’âme romanesque de Venise, sublimée par un choix audacieux : filmer "Les Quatre Saisons" de Vivaldi dans des lieux emblématiques de la Sérénissime. La mise en scène sonore, les musiciens en habits d’époque, et la ville comptent autant que la musique elle-même pour créer une expérience à la fois visuelle et immersive. Ce n’est pas simplement une captation concert, mais une ode à la poésie ambiante et au territoire musical, où chaque saison trouve son écrin dans des décors d’une beauté vide de toute ostentation.

Les quatre épisodes, soigneusement dispersés dans différents lieux, brillent par leur capacité à magnifier la relation entre la musique et l’environnement. L'ouverture au palais Contarini della Porta di Ferro, avec "Le Printemps", est un vrai régal, où la douceur du matin se mêle aux premières notes, donnant vie à une instantané du renouveau. La scène à l’intérieur du palais Grassi pour "L’Été" confère un aspect presque labyrinthique, comme si la musique devait se frayer un chemin entre les œuvres d’art modernes. La prise sur l'île San Giorgio pour "L’Automne" évoque une certaine gravité, épousant la contemplation automnale en un écrin historique, tandis que "L’Hiver" dans l’auditorium surplombant le Grand Canal offre une conclusion douce-amère, où le froid apparent de la pièce contraste avec la chaleur du lieu et la douceur de la façon dont la musique semble caresser la sérénité nocturne.

Ce qui peut faire défaut à cette proposition, c’est sa nature quelque peu égocentrique : si l’on aime la musique autant que le lieu, le programme fonctionne parfaitement ; si l’on cherche une dimension nouvelle ou un regard critique sur l’interprétation, la captation risque de laisser un léger goût de déjà-vu. La caméra semble parfois jouer la carte de l’esthétique plutôt que celle de l’émotion brute, ce qui peut surprendre.

En somme, ce programme est une belle gourmandise pour qui aime Venise, la musique ancienne, et l’art de faire rimer le lieu et l’audible. À voir sans hésiter, surtout si la contemplation et le décorum ont leur place privilégiée dans votre expérience cinéphile.

Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète

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