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Les beaux jours
Affiche de Les beaux jours
Film 2003 · 1h34

Les beaux jours

4/10 (4 votes)
IMDb
Drame Comédie Téléfilm

Réalisateur : Jean-Pierre Sinapi

En 1936, deux ouvrières parties pour la première fois en congés payés faire du camping en bord de mer se découvrent sous un jour nouveau. Eté 1936, dans le Sud-Ouest de la France. Gaby, jeune ouvrière, est ravie de profiter de ses premiers congés payés. Elle a prévu de faire le trajet à bicyclette jusqu'à la côte avec son fiancé Lucien, son amie Mado, le mari de celle-ci, Albert, et leur fils Momo. Mais au point de rendez-vous, stupeur : Albert et Lucien ont décidé de ne pas partir, par peur de perdre leur emploi. Qu'à cela ne tienne, Gaby enfourche son vélo et se met en route... vite suivie par Mado, qui laisse derrière elle mari et enfant ! Mais à l'arrivée au "camp de toile" du syndicat, Jeannot, le responsable, est surpris par l'absence de Lucien et surtout par celle d'Albert, délégué syndical. Gaby et Mado lui assurent que les hommes ne vont pas tarder à les rejoindre. Jeannot, qui n'y croit qu'à moitié, leur demande de lui régler d'avance la totalité du séjour...

Notre avis

signé Étienne Chassagne
Les Beaux Jours photographie le vide élégant qui suit la retraite. Caroline, libérée de ses obligations professionnelles, découvre que l'absence de structure peut être aussi écrasante qu'une routine. Ce qui paraît d'abord comme une perspective d'émancipation devient progressivement une confrontation avec le néant.

La subtilité du film réside dans son refus des solutions faciles. Il n'y a pas de nouveau compagnon romantique qui sauverait la protagoniste, pas de hobby révélateur qui redonnerait sens à son existence. Le film maintient une certaine mélancolie réaliste : parfois, la vie n'offre pas d'épiphanie, seulement des jours qui se suivent, différents ou identiques.

La performance centrale porte le film. L'actrice capture ces micro-instants de conscience d'elle-même, ces regards perplexes vers son reflet, ces tentatives maladroites de transgression qui ne mènent nulle part. C'est du cinéma du détail infime.

Mais cet refus de trajectoire dramatique, louable en principe, s'avère parfois frustrant à l'écran. Certains passages traînent sans urgence narrative. Le film demande une patience contemplative que peu de spectateurs accepteront d'offrir. Il y a une ligne ténue entre profondeur et ennui, et Les Beaux Jours la frôle dangereusement.

Le titre ironique – ces beaux jours – renferme toute l'amertume du film. Ce que promet la retraite et ce qu'elle livre rarement.

À voir pour les amateurs de drames intimistes français, à condition d'être en disposition mentale réceptive à la dépression mélancolique.

Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète

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