Les Beaux Jours
Réalisateur : Marc Allégret
Un triangle amoureux. Deux hommes, Boris et Pierre, vivent avec Sylvie au Quartier Latin. Quand le premier meurt, la jeune femme refuse l'amour du second, en souvenir du défunt, qui éprouvait les mêmes sentiments pour elle.
Notre avis
signé Étienne ChassagneLa subtilité du film réside dans son refus des solutions faciles. Il n'y a pas de nouveau compagnon romantique qui sauverait la protagoniste, pas de hobby révélateur qui redonnerait sens à son existence. Le film maintient une certaine mélancolie réaliste : parfois, la vie n'offre pas d'épiphanie, seulement des jours qui se suivent, différents ou identiques.
La performance centrale porte le film. L'actrice capture ces micro-instants de conscience d'elle-même, ces regards perplexes vers son reflet, ces tentatives maladroites de transgression qui ne mènent nulle part. C'est du cinéma du détail infime.
Mais cet refus de trajectoire dramatique, louable en principe, s'avère parfois frustrant à l'écran. Certains passages traînent sans urgence narrative. Le film demande une patience contemplative que peu de spectateurs accepteront d'offrir. Il y a une ligne ténue entre profondeur et ennui, et Les Beaux Jours la frôle dangereusement.
Le titre ironique – ces beaux jours – renferme toute l'amertume du film. Ce que promet la retraite et ce qu'elle livre rarement.
À voir pour les amateurs de drames intimistes français, à condition d'être en disposition mentale réceptive à la dépression mélancolique.
Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète
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