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Le cœur à vif
Affiche de Le cœur à vif
Film 2007 · 1h26

Le cœur à vif

When A Man Falls In The Forest

4.5/10 (26 votes)
IMDb
Drame

Réalisateur : Ryan Eslinger

Afin d'oublier son existence morne, Karen (Sharon Stone) se laisse aller à ses penchants cleptomanes et glisse peu à peu dans des affaires plus dangereuses. Pour cette quadragénaire installée, la transgression se lie à un éventuel sentiment de pouvoir. Gary (Timothy Hutton) son époux tente de retrouver sa joie de vivre et prend une décision surprenante et irréversible, qui le métamorphose définitivement. Par manque d'assurance, Bill (Dylan Baker) n'a jamais pu se faire à son existence. Il a choisi de se retirer dans une sorte d'exil dénué du moindre relief, un monde secret où il peut réaliser son rêve d'être tout à fait un autre. Pour Travis enfin (Pruitt Taylor Vince), le temps s'est arrêté à la suite d'un accident de la route...

Notre avis

signé Étienne Chassagne
Quatre personnes en détresse traversent chacune leurs propres formes de rupture et d'autodestruction. Le cœur à vif observe ce qui se passe quand on signe un chèque avec sa vie qu'on ne peut pas encaisser. C'est un drame de personnages centré sur le malaise bourgeois et les chemins détournés qu'on prend pour s'échapper.

Sharon Stone campe Karen, une voleuse compulsive qui vole pour sentir quelque chose, n'importe quoi. Sa kleptomanie n'est pas le cœur du film : c'est une manifestation symptomatique de quelque chose de bien plus profond, l'aliénation face à une vie trop lisse. Timothy Hutton est Gary, le mari qui tente une métamorphose radicale dans l'espoir de retrouver une joie que le mariage a étouffée. Dylan Baker joue Bill, un homme si engoncé qu'il rêve secrètement d'être quelqu'un d'autre. Pruitt Taylor Vince complète le quartet avec Travis, figé dans le temps après un traumatisme accidentel.

Ce qui rend le film intéressant c'est comment il refuse de juger ses personnages tout en les montrant dans leurs destructions respectives. Chacun cherche un pouvoir : Karen l'obtient par la transgression, Gary par la transformation, Bill par l'échappatisme. La caméra maintient une distance compatissante.

Cependant, le film peine à générer une cohésion narrative. Les quatre histoires parallèles restent trop distinctes. Il y a peu de convergence thématique qui unirait le tout au-delà du concept initial. Certains arcs restent incomplets, certains dialogues prétentieux.

C'est du cinéma d'art indépendant américain : intelligent mais ambigu sur ses intentions, techniquement capable mais narrativement difficile à saisir.

À voir si vous aimez les drames introspectifs sur le malaise existentiel. À zapper si vous cherchez une histoire linéaire avec résolution claire.

Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète

Acteurs

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