Le Bossu
Réalisateur : René Sti
Lagardère protège Aurore, la petite-fille du duc de Nevers dont le fourbe Philippe de Gonzague convoite l'héritage. Première version sonore du célèbre roman de cape et d'épée.
Notre avis
signé Youssef OuabderazakPierre Blanchar incarne cette patience vengeresse avec une dignité minérale, transformant le costume de bossu en instrument de pouvoir plutôt qu'en simple déguisement. Le film tire sa force de ses silences plus que de ses cris : la relation triangulaire entre le vrai héros, la jeune Aurore adulte, et la vengeance qui doit advenir structure tout l'édifice sans esbroufe mélodramatique.
C'est classique au meilleur sens : des répliques ciselées, une morale sûre sur la justice privée, des apparences trompeuses. Le Jura en arrière-plan historique crée l'atmosphère des forteresses et secrets féodaux.
Quelques faiblesses inévitables : le rythme accuse les années, certaines conventions de 1959 datent le propos. Mais le film garde une pertinence morale certaine : qu'est-ce qu'une vengeance privée face aux apparences menteuses ?
Pour les amateurs de swashbuckling français de qualité, de répliques élégantes et d'aventures où la cervelle prime sur l'épée. À revisiter ou à découvrir pour qui ne connaît pas Blanchar.
Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète
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