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Film 2008 · 0h30

La tanière

Documentaire

Réalisateur : Alain Della Negra

Ce court-métrage documentaire prolonge le travail de Alain Della Negra et de Kaori Kinoshita sur les mondes virtuels, qu’ils avaient déjà traité dans Neighborhood en 2006 – présenté à Entrevues. Après avoir analysé le phénomène Sims, ils commencent ici par des références à Second Life afin de décrire plus précisément les «Furry Parties», des fêtes qui regroupent des individus se grimant en animaux dans un esprit jeu de rôle. Ce qui intéresse les deux auteurs, c’est évidemment la confusion entre réel et virtuel : dans leur cinéma, les avatars prennent une consistance charnelle afin de devenir humain. Lors d’une séquence, le duo à l’intelligence de filmer des éléments du tournage lui-même. Formidable idée, car le cinéma cherche à transformer le réel en fiction. En utilisant la réflexivité filmique, la fiction redevient réel, ce qui est en parfait rapport avec la volonté des sujets filmés de transformer le virtuel en réalité. Tout est alors confusion.

Notre avis

signé Thomas Renard
"La tanière" s’inscrit dans cette singulière lignée de films qui surfent sur la crainte des catastrophes en milieu confiné, en mêlant le thriller militaire et l’horreur biologique. La force de ce long-métrage réside dans sa capacité à créer une atmosphère oppressante, presque claustrophobique, dès la première séquence. La scénarisation, souvent simpliste, fonctionne grâce à ce sentiment d’enfermement, qui sert habilement à renforcer la tension. Le choix de situer l’action dans un bunker abandonné est particulièrement judicieux pour instiller un climat de doute et de menace constante, superbement mis en valeur par une photographie sombre et un jeu de lumière minimaliste.

Ce qui distingue "La tanière", c’est surtout sa volonté de mêler le réalisme militaire à une ambiance d’épouvante contaminée par des éléments biologiques. La performance de l’actrice principale, dans le rôle de la pilote échouée, est crédible et sincère, apportant une dimension humaine essentielle à un script parfois un peu linéaire. Cependant, le film pâtit d’un rythme un peu inégal, surtout dans sa seconde moitié où certaines scènes s’étirent sans véritable enjeu supplémentaire, ce qui peut faire décrocher le spectateur.

Le scénario, tout en étant efficace dans ses moments d’action, manque un peu d’originalité dans ses grands principes, mais parvient à renouveler le genre par la crainte d’un ennemi invisible, inquiétant et constamment menaçant. La réalisation, quant à elle, privilégie une sobriété qui évite le trop-plein d’effets spéciaux pour se concentrer sur l’ambiance, ce qui est appréciable.

En définitive, "La tanière" se veut un bon exemple de cinéma de genre ciblé, efficace dans ses mécanismes mais manquant peut-être de la touche qui le ferait vraiment sortir du lot. Je conseillerais aux amateurs de thrillers confinés et de suspense biologique de ne pas zapper ce film, car il offre une tension satisfaisante, emballée dans une réalisation sobre mais efficace.

Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète

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