Aller au contenu principal
La dernière séance
Affiche de La dernière séance
Film 2021 · 0h09

La dernière séance

Ultime luci rosse

Documentaire Animation

En 1993 le cinéma Teatro de Chiasso cessait son activité en tant que cinéma porno. J’ai photographié avec mon Leica caché sous le manteau la dernière séance du dernier film X programmé. Durant le confinement j’ai retrouvé les photos, je les ai étalées sur une table et les ai filmées avec mon smartphone. A partir de cette esquisse, j’ai créé un film virtuel en travaillant à distance avec des amis. Pour moi qui ai commencé mon activité avec la pellicule, c’était un nouveau pari.

Notre avis

signé Étienne Chassagne
Peter Bogdanovich filme 1951 au Texas avec la nostalgie d'une époque qu'on ne peut qu'imaginer. Sonny et Duane, deux adolescents traînant en Chevrolet décapotable, trouvent refuge dans un petit cinéma de banlieue. Pour eux, l'écran argenté est évasion d'une vie prévisible, étouffante, sans horizon visible. L'arrivée d'une fille trouble ce microcosme ; elle crée rupture, désir, jalousie. Pour Sonny, l'amour prend une forme sacrificielle : s'engager pour la Corée, laisser partir ses rêves. Bogdanovich transforme cette séparation inévitable, ce passage à l'âge adulte, en moment cinématographique. Le dernier passage au cinéma devient rituel d'adieu. La direction de Bogdanovich baigne chaque scène dans une mélancolie palpable. Les dialogues sont minimalistes, laissant le langage non-dit émerger du silence. Les jeunes acteurs encaissent cette retenue avec une dignité naturelle, sans surjouer l'adolescence. La cinématographie en noir et blanc capture l'Amérique des petites villes avec une beauté douce, un grain de poussière permanente. Le film fait la brillante équation entre le cinéma comme refuge, comme moyen de rêver, et la vie réelle qui surgit, étouffante. L'attachement du cinéma pour Sonny n'est pas fuite irresponsable mais tentative d'échapper à une destinée écrite d'avance. Ce qui pourrait déranger : l'absence de résolution claire, la lenteur délibérée, l'absence de dramatique spectaculaire. Bogdanovich demande une implication émotionnelle du spectateur, pas une livraison facile de catharsis. À voir pour les amateurs de cinéma contemplatif et de rétrospective poétique.

Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète

Recommandations

Titres similaires

Avis & notes — La dernière séance

0

Partagez votre avis sur ce contenu. Les échanges sont modérés pour garder une discussion lisible et utile.

Écrire un commentaire

Votre message

Votre nom sera affiché. Votre email reste privé et n’est jamais publié.

Déjà un compte ? Se connecter ou créer un compte
Votre note :

Un clic suffit — pas besoin de compte pour voter.

Les commentaires anonymes sont modérés avant publication.

Discussion

Aucun message publié pour le moment.

Soyez le premier à commenter

Votre retour peut aider les autres lecteurs à se faire un avis.

Données fournies par TMDB. Ce produit utilise l'API TMDB mais n'est ni approuvé ni certifié par TMDB.