L'Avocat du diable
Des Teufels Advokat
Réalisateur : Guy Green
En 1958, un prélat anglais reçoit mission d'enquêter sur le culte qui entoure la mémoire d'un homme exécuté dans un village des Abruzzes à la fin de la guerre.
Notre avis
signé Étienne ChassagneLe film construit sa tension en couches superposées. D'abord, le doute professionnel : David est-il coupable ? Puis, l'intrusion personnelle : jusqu'où ira-t-il ? Enfin, la question existentielle : peut-on défendre l'indéfendable sans perdre son âme ?
La dynamique entre les deux protagonistes demeure le cœur battant du film. Jennifer se croit en contrôle, professionnelle, rationnelle. David détient un pouvoir invisible, une séduction prédatrice qui la paralyse graduellement. Leur dialogue crépite d'une tension érotisée malsaine qui fascine et dérange.
Les performances portent entièrement l'œuvre. Jennifer incarne l'intégrité fragilisée par le doute personnel ; David exhale une menace déguisée en charme irrésistible. Ces deux acteurs créent une chimie terrifiante, psychologiquement dérangeante.
Visuellement, le film privilégie les intérieurs : bureaux impersonnels, appartements piégés, où chaque ombre suggère menace. L'agencement des scènes renforce claustrophobie psychologique constante.
Le principal reproche : le dénouement bascule soudain vers le surnaturel, diluant l'impact réaliste jusque-là maintenu avec rigueur. Cette révélation finale divisera l'audience entre satisfaction et profonde déception.
Thriller psychologique brillant. À voir absolument pour fans du genre, clairement un incontournable du thriller des années 90.
Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète
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