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L'Assoiffé
Affiche de L'Assoiffé
Film 1957 · 2h26

L'Assoiffé

प्यासा

7.3/10 (74 votes)
IMDb
Drame Romance

Réalisateur : Guru Dutt

Vijay , un poète, ne parvient pas à vivre de ses vers. On lui conseille d’écrire des poèmes d’amour, d’abandonner les réflexions pessimistes sur la nature humaine qui sont son thème de prédilection. Sa famille ne le soutient pas : ses frères vendent ses manuscrits à une usine de pâte à papier et le chassent de la maison. Vijay tente de racheter ses poèmes, mais le gérant de l’usine lui apprend qu’une femme en a fait l’acquisition. La nuit, alors que Vijay dort sur un banc public, il entend une femme, Gulabochanter un de ses textes. Il la suit, jusqu’à la maison close où elle officie. Lorsqu’elle s’aperçoit que Vijay est sans le sou, elle le chasse. En lisant un papier tombé de la poche du poète, elle réalise qu’il est l’auteur des poèmes qu’elle a achetés.

Notre avis

signé Étienne Chassagne
L'Assoiffé de Raj Kapoor raconte une histoire de poète maudit que le cinéma a décliné mille fois, mais le rend vibrant par la passion sincère du récit. Vijay incarne le rêveur confronté à l'hostilité du monde matériel : sa famille le rejette, ses vers deviennent papier à recycler, la survie quotidienne dévore l'art. La rencontre avec Gulabo, la femme de maison close qui chante ses poèmes inconsciente de leur paternité, installe une ironie riche. Elle possède ses mots, vit ses sentiments, tandis que lui meurt de faim dehors. C'est une méditation sur la séparation entre l'artiste et son œuvre, entre l'intention et la réception. Kapoor l'acteur, souriant, tragique, maladroit, incarne ce personnage avec une vulnérabilité désarmante. Les séquences musicales, loin d'être gratuites, fonctionnent comme la poésie mise en mouvement. L'esthétique du film, somptueuse mais mélancolique, épouse l'ambivalence : beauté et misère coexistent dans chaque plan. Le film ne juge jamais Gulabo pour son métier, ni Vijay pour ses compromis éventuels. C'est une bienveillance narrative inhabituellement moderne pour 1957. La classe sociale, l'amour, l'art, la dignité s'entrelacent sans didactisme. Les limitations : le rythme traîne parfois sur les complications romantiques secondaires. Certaines musiques datent lourdement. Le dénouement demeure conventionnel. L'Assoiffé respire l'empathie humaniste du cinéma d'auteur du sous-continent indien. Essentiel pour qui adore le mélodrame intérieur et Raj Kapoor à son meilleur.

Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète

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