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Journal d'un curé de campagne
Affiche de Journal d'un curé de campagne
Film 1951 · 1h56

Journal d'un curé de campagne

7.5/10 (285 votes)
IMDb
Drame

Réalisateur : Robert Bresson

À sa sortie du séminaire, un jeune prêtre intègre sa première paroisse : d'Ambricourt. Idéaliste et dévot, il se heurte très vite à l'hostilité de ses ouailles. La châtelaine notamment fait preuve d'un athéisme fanatique depuis la perte d'un de ses enfants. Elle meurt peu après avoir retrouvé la foi. Dès lors les haines se cristallisent autour du jeune curé. Accusé par le village d'être alcoolique, alors qu'il souffre sans le savoir d'un cancer à l'estomac qui l'empêche peu à peu de s'alimenter, il meurt loin du village, chez l'un de ses amis prêtre défroqué.

Notre avis

signé Étienne Chassagne
Ce classique français suit un jeune prêtre idéaliste qui arrive dans sa première paroisse rurale convaincu de pouvoir changer les cœurs par la foi et la dévotion. Il ne rencontre que hostilité, doute, et finalement sacrifice non compris.

C'est un film exigeant qui requiert une certaine patience du spectateur moderne. Claude Laydu apporte une subtilité extraordinaire à son rôle : un homme de foi aux prises avec un doute si profond qu'il remplit toute son existence. Ses yeux transmettent une lassitude spirituelle que le dialogue seul ne pourrait jamais transmettre. Il y a une résignation tranquille qui devient de plus en plus déchirante.

Le film en noir et blanc de Robert Bresson capture un monde rural austère, dépourvu de beauté traditionnelle mais possédant une austérité qui reflète l'intérieur spirituel du prêtre. Il n'y a rien de picturesque ici—c'est un paysage intérieur rendu visible.

Ce qui rend le film remarquable est son refus des solutions faciles. Ce n'est pas l'histoire d'un prêtre redonnant la foi à son village. C'est l'histoire d'un homme qui échoue, qui se demande si son appel religieux était une illusion, qui meurt loin de ceux qu'il essayait de servir. C'est l'antonyme du récit d'inspiration hollywoodien.

Le langage cinématographique de Bresson—ses ellipses, ses silences—crée une forme de poésie austère. Chaque coup de caméra signifie quelque chose.

Pour les auditeurs modernes, le film peut sembler austère et trop enfoncé dans l'introspection. Il exige une disposition contemplative rare.

Pour ceux appréciant le cinéma français d'auteur classique. À zapper si vous avez peu de patience pour les rythmes lents.

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