Notre avis
signé Étienne ChassagneSa tante Wanda, apparemment froide et débouchée, cache sous son absence d'affectation une douleur abyssale. Cette quête de sépulture ne constitue pas un simple road movie ; c'est une investigation sur les conséquences intergénérationnelles du génocide et l'impossibilité de réconciliation complète.
Pawlikowski privilégie l'inexprimé. Les regards, les silences, les paysages baltes deviennent porte-paroles des traumatismes indicibles. Les performances d'Agata Kulesza et Agata Trzebuchowska irradient une subtilité que le dialogue n'atteindrait jamais. Le noir et blanc sublime la désolation, transformant chaque cadre en composition quasi-picturale.
Le film n'offre aucune rédemption facile. La visite à la ferme d'enfance de Wanda révèle non des réponses mais des questions plus abyssales. La foi d'Anna se heurte brutalement à l'absence divine face au mal humain. Aucun personnage ne sort purifié de cette enquête.
Certains reprocheront le rythme contemplatif et l'absence de résolution dramatique conventionnelle, mais cette retenue constitue précisément sa puissance cathartique.
À voir impérativement. Ida s'impose comme œuvre majeure du cinéma contemplatif, exploration intransigeante du legs traumatique juif en Pologne. Indispensable.
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