How to Rob a Bank
Réalisateur : Andrews Jenkins
Notre avis
signé Raphaël TournierLe film excelle dans sa mise en contexte : il ne se contente pas de lister les braquages, mais interroge ce qui transforme un criminel en anti-héros populaire. Comment un homme devient-il assez charismatique pour que ses actes félonies captivent une nation? Le documentaire bénéficie d'archives, de témoignages et probablement d'entretiens qui permettent de construire une narration non moralisatrice, simplement consciente de la fabrique des légendes.
La séduction du propos réside précisément dans cette ambiguïté. Aucun plaidoyer, aucune condamnation facile. Juste le constat que certains criminels fascinent parce qu'ils incarnent une forme de liberté totale, assumée, dangereuse. Les braquages eux-mêmes—méthodiquement reconstitués—deviennent des objets d'étude presque artistiques, théâtraux.
Où le documentaire fléchit légèrement, c'est quand il faut gérer l'équilibre entre fascination narrative et responsabilité documentaire. Y a-t-il une glorification implicite? Probablement un peu. Mais c'est peut-être inévitable quand on raconte des histoires où le hors-la-loi possède plus de charisme que le système qui le pourchasse. Braquages à l'hollywoodienne ravira les amateurs de vrais crimes subtilement mis en scène. À voir pour qui adore comprendre comment la réalité surpasse la fiction.
Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète
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