Notre avis
signé Étienne ChassagneLe film oscille entre deux tonalités qui ne se concilient jamais : Robin Williams dans un rôle étrangement dépourvu de son humour habituel, incarnant un homme vidé, contraste fortement avec Dustin Hoffman en Capitaine Crochet, qui joue un rôle théâtral, presque comique. Cette collision de registres désoriente plus qu'elle n'enrichit. Les décors artificiels construisent un Pays imaginaire baroque, étouffant, plus oppressant que magique.
Ce que le film réussit c'est sa méditation involontaire sur le temps : grandir c'est perdre. Peter doit réapprendre à voler, à rêver, à être insouciant. Ses enfants incarnent l'innocence qu'il a sacrifiée au profit du succès matériel. La mort de Crochet est moins une victoire qu'une résurrection personnelle pour Peter, obligé de confronter les fantasmes de son enfance.
Les séquences de combat restent maladroites, la romance peu convaincante, et le rythme pâtit d'une prolixité scénique. Pourtant, sous sa façade boursouflée, Hook formule une question étrangement adulte : peut-on rester soi-même en grandissant ? Peut-on préserver l'enfant face aux obligations du monde réel ?
À voir en acceptant ses imperfections, ou à zapper si on appréhende les excentricités de la mise en scène spielbergienne.
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