Notre avis
signé Étienne ChassagnePhilip, Lars et Jozef ne sont pas des héros martyrisés ni des victimes tragiques. Ce sont des hommes adultes avec des désirs, de l'humour, une astuces sociales, et assez de sarcasme pour critiquer le monde qui les infantilise. La séquence d'embauche de Claude—infirmière amère incarnée avec énergie grotesque—paraît d'abord du pur slapstick malveillant. Elle devient progressivement un portrait complexe d'une femme exploitée et isolée trouvant une communauté inattendue.
Le road movie traverse la France et l'Espagne en accumulant les incidents comiques, mais aussi les petites victoires. Chaque barrage—légal ou social—devient occasion de démontrer l'absurdité de l'infantilisation des personnes handicapées.
Les défauts ? Certains gags s'éternisent lourdement. La tonalité danse entre comédie noire et drame social sincère, parfois maladroitement. Le dénouement sentimental paraît facile dans un film si comiquement brutal jusqu'alors.
Hasta La Vista reste une affirmation puissante : que les personnes handicapées méritent l'autonomie, les désirs charnels, et l'indignité occasionnelle, comme tout humain normal. C'est irrespectueux envers les conventions, c'est précisément ce qui le rend honnête.
À voir pour qui valorise l'audace cinématographique et refuse les réductions sentimentales des minorités.
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