Girlfight
Réalisateur : Karyn Kusama
Diana Guzman a l'art de s'attirer des ennuis. Adolescente sombre et maussade, elle en veut a la Terre entière et passe son année scolaire à se battre avec les rares amateurs qui traînent dans les couloirs du lycée. Diana habite Red Hooks, à Brooklyn, avec son père Sandro, souvent absent, et son jeune frère Tiny. Leur mère est morte. Diana est entourée de gens qui, selon elle, passent à côté de la vie. Pour elle, il n'y a pas d'autre alternative que de se battre pour s'en sortir et elle préfère de loin être celle qui cogne. C'est ainsi qu'elle découvre l'univers de la boxe.
Notre avis
signé Étienne ChassagneLa boxe ne la sauve pas miraculeusement. Au lieu de cela, la boxe ordonne sa rage en discipline. Elle découvre que son agressivité, son refus d'accepter, son besoin de dominer peuvent être canalisés vers quelque chose de personnel, de glorieux. La boxe est aussi métaphore : Diana apprend qu'elle peut créer son destin, qu'elle n'est pas obligée de suivre le chemin assigné aux filles pauvres du ghetto.
Le film se distingue par son refus de sentimentalité. Diana reste difficile, taciturne, hostile. Ce n'est pas une transformation miraculeuse en enfant douce mais l'affirmation d'une jeune femme qui prend les rênes de sa vie. La boxe l'intéresse parce qu'elle demande du respect, une technique, une domination contrôlée. Le sport devient espace de liberté.
À voir pour les amateurs de drame indépendant brut, de rédemption par l'effort personnel. À voir pour les jeunes spectateurs en quête de modèles féminins qui refusent la victimisation.
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