Notre avis
signé Étienne ChassagneSpencer Tracy incarne ce père avec une justesse remarquable. Pas de surjeu, pas de grotesque : juste l'observation fine d'un homme dont le monde se refait et qui tente de maintenir la dignité. Ses monologues intimes, en aparté vers la caméra, révèlent une fragilité que le cinéma d'époque accordait rarement à la masculinité. Elizabeth Taylor offre une authentique performance, d'autant plus poignante qu'elle jouait réellement une jeune mariée. Les scènes parent-enfant palpitent d'une tendresse rarifiée.
Techniquement, Minnelli déploie son savoir-faire : composition des espaces domestiques, angles de caméra qui soulignent tensions et affections sans jamais les exagérer. Le Technicolor rend vivement les intérieurs et robes des années 1950.
Quelques longueurs surviennent, et le dernier tiers aurait pu être concentré. Les blagues d'époque datent, naturellement.
Le père de la mariée reste un exemple élégant de ce que la comédie classique américaine peut accomplir : une œuvre qui ne nécessite aucune réinvention. C'est un chef-d'œuvre mineur, mais authentiquement remarquable. À revoir pour tous, en particulier ceux curieux du contrôle technique de Minnelli et de la retenue émotionnelle de Tracy.
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