Notre avis
signé Étienne ChassagneChloe Domont, à son premier long-métrage, construit une tension psychologique étouffante où les échanges de regards remplacent souvent les dialogues explicites. Phoebe Dynevor et Alden Ehrenreich incarnent ce couple pris au piège de dynamiques de genre qui les dépassent. Le film ne blâme personne facilement, préférant explorer comment l'ambition professionnelle devient corrosive dans un couple où les rôles implicites s'écroulent.
L'atmosphère suffocante du fonds d'investissement, glacée et déshumanisée, contamine graduellement la relation amoureuse. Le cinéma refuse les raccourcis moralisateurs, s'intéressant plutôt à la manière insidieuse dont l'inégalité économique sabote l'intimité. Les personnages ne sont jamais monolithiquement bons ou mauvais mais fragiles face à des forces sociales écrasantes.
Le film peut sembler inégal dans son pacing, avec des longueurs vers le milieu. Certains développements deviennent prévisibles une fois le conflit établi. L'atmosphère hautement toxique que crée Domont rebute certains spectateurs qui préféreraient une issue moins sombre.
Cependant, Fair Play reste un thriller contemporain qui ose affirmer que le féminisme professionnel ne suffit pas à transformer les mentalités masculines. C'est du cinéma à voir pour ceux qui apprécient les drames psychologiques inconfortables.
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