Notre avis
signé Étienne ChassagneLe concept fonctionne comme provocation : une femme capable et indépendante, réduite à la proie. L'ironie du titre repose sur sa violation permanente. Les chasseurs deviennent psychologiquement des prédateurs. Le film ne cherche pas à justifier, il documente.
Les qualités du film sont sa sincérité brutale et son refus de complaisance. Les scènes de traque ne sont pas lyriques ni stylisées. Elles sont crues, inconfortables. L'héroïne ne devient pas action-star surhumaine ; elle tente simplement de survivre. Cette réalisme ancre le film dans quelque chose de préoccupant et d'authentique.
Cependant, le film souffre de misogynie inhérente. Les braconniers restent des silhouettes sans motivations psychologiques. La femme existe surtout pour être en danger. Le scénario ne propose aucune réflexion sur les causes profondes de la violence. C'est un exercice de victimisation sans propos substantiel. Le montage et la mise en scène sont compétents mais sans particularité stylistique.
Fair Game attire ceux intéressés par le thriller de survie raw et direct. C'est de l'exploitation cinématographique honnête de ses limites thématiques.
À voir pour amateurs de thriller de survie des années 80. À zapper pour ceux sensibles à la représentation misogyne des femmes.
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