Notre avis
signé Étienne ChassagneLe film privilégie la présence sur la narration. Les monologues intérieurs de Hart, la reconstruction intime de son désenchantement forment une méditation mélancolique sur le prix de la création, la reconnaissance artistique tardive, la séparation professionnelle. Jeremy Strong incarne Hart avec une vulnérabilité assumée, refusant la caricature du génie torturé.
Musicalement, Rodgers et Hart sont naturellement omniprésents ; leurs chansons emplissent le film, rappelant la magnitude de leur legs. La cinématographie dorée capture l'Amérique de 1943, les contrastes du bar enfumé créent une intimité de confessionnal.
Certains risqueront de trouver le film languissant, trop axé sur le pathos d'un homme seul sans assez de contexte biographique large. Hart mérite davantage que cette dernière nuit ; le film restreint son univers à quelques heures d'amertume. Pour qui ignore Hart, le film ne fournit pas suffisamment de points d'ancrage biographique.
Cependant, Blue Moon fonctionne comme portrait psychologique intense, exploration de la mélancolie créative, méditation sur ce que le temps fait aux légendes oubliées.
À voir pour les amateurs de drame musical introspectif, excellent pour les admirateurs de Broadway en quête d'humanité, à zapper pour qui demande une épopée biographique complète.
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