As Good As It Gets
Notre avis
signé Étienne ChassagneL'intrusion successive du chien de son voisin, de la maladie du fils de Carol et de l'hospitalisation de Simon détruit méthodiquement chaque fortification que Melvin a érigée. Ce qui pourrait aisément devenir un sentimentalisme creux se transmute au contraire en examen brutal de comment l'amour s'impose, non par magie existentielle, mais par l'accumulation de petites vulnérabilités acceptées. Le film n'affirme pas que Melvin devient meilleur; il montre qu'il devient capable de supporter l'humanité, y compris la sienne propre.
Jack Nicholson navigue cette dualité avec la maîtrise d'un interprète au sommet de ses capacités. Helen Hunt et Cuba Gooding Jr. empêchent le film de devenir un monologue sur le protagoniste. Les dialogues tranchent dans ce qui pourrait relever de la comédie larmoyante, introduisant une acuité observationnelle que rarement les films de ce genre octroient à leurs personnages féminins ou subalternes.
Certainement, le dénouement satisfait un peu trop commodément et l'évolution de Melvin demeure superficiellement représentée. L'humour parfois infantilise les conflits émotionnels.
Incontournable pour spectateurs sachant apprécier comment le cinéma commercial peut contenir des réflexions psychologiques profondes. C'est le chef-d'œuvre méconnu du genre.
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