Notre avis
signé Étienne ChassagneLe génie réside dans l'immobilité spectrale. Le fantôme observe silencieusement sa femme en deuil, incapable de communication réelle, condamné à témoigner son incapacité à l'aider. Cette limitation génère une mélancolie oppressante. Le film refuse le confort de la résolution surnaturelle. Au lieu de cela, il prolonge la douleur, l'étire, la démultiplie.
Lowery utilise le format carré 4:3, créant une atmosphère intemporelle et confinée. La cinématographie, souvent composée de longs plans statiques, invite à la contemplation. La musique minimaliste souligne l'absence plutôt que l'émotion, technique déchirante. Rooney Mara en éplorée hante autant l'écran que le fantôme.
Le film teste la patience. Peu d'événements apparents. De longs passages où rien ne se passe sinon l'observation du néant. L'absurdité existentielle peut paraître prétentieuse. Certains spectateurs décrocheront devant l'absence de résolution narrative traditionnelle.
Pourtant, l'amour persiste. Un amour transcendant devenant torture par l'impossibilité. Le fantôme découvre qu'aimer c'est accepter la perte, que l'éternité est damnation sans véritable continuité.
À voir pour cinéphiles acceptant l'expérimentation formelle et la contemplation. À zapper absolument si vous cherchez une histoire bien structurée avec début, milieu, fin.
Critique rédigée à partir de la fiche programme : voir la fiche complète
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