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Affiche de Terje Vigen (1917)

Terje Vigen

1917
Drame Film
7.1

Disponible en streaming

Synopsis

Début du XIXe siècle. En Norvège, durant les Guerres napoléoniennes. Un courageux pêcheur, Terje Vigen, brave le blocus de la marine de guerre anglaise afin d'acheminer des provisions pour sa famille affamée. Après une longue poursuite, il est capturé puis jeté en prison. La guerre terminée, il retourne vers son village et découvre que sa femme et ses enfants n'ont pas survécu à la famine. Des années plus tard, au cours d'une tempête, il part secourir un vaisseau en détresse. Il s'aperçoit, par la suite, que l'homme qu'il est en train de sauver n'est autre que le capitaine qui le prit, jadis, en otage. Animé d'un désir de vengeance, Terje cherche à le noyer... Mais, lorsqu'il voit un enfant dans les bras de l'épouse du capitaine, il se remémore celui qu'il a lui-même perdu et se laisse attendrir...

Notre avis

signé Étienne Chassagne
Terje Vigen s'inscrit dans la grandeur épique du cinéma d'avant-garde scandinave d'après-guerre. Dreyer brode une tragédie en trois actes sur une toile de fond historique : un homme ordinaire bravé le blocus britannique pour nourrir sa famille, s'en trouvé emprisonné, rentre trop tard—sa femme et ses enfants n'existent plus. Années plus tard, une tempête le place face à face avec le capitaine qui le condamna. Le film contemple cette vengeance inévitable avec une certitude morale glacée : la vengeance ne change rien.

Le cinéma muet imposait la retenue et Dreyer la maîtrise avec une rigueur quasi monastique. Pas de musiques de film sentimental, juste des visages et des paysages. Carl Theodor Dreyer filme les falaises norvégiennes avec une austérité qui isole ses personnages dans leurs souffrances privées. Les acteurs incarnent des états d'âme plutôt qu'ils ne jouent, ce qui confère au film une intensité presque inexplicable aux yeux modernes.

Le rythme désarçonne : les scènes longues, l'absence de montage dynamique, le silence. C'est un film pour qui accepte que le cinéma peut raconter en demi-teinte. Le texte de Dreyer questionne la culpabilité partagée—ceux qui commandent la guerre et ceux qui la subissent—avec une subtilité rare pour l'époque.

À voir absolument pour les cinéphiles et étudiants en histoire du cinéma. Public curieux : patience requise, mais récompense garantie. Les autres : trop exigeant.

Prochaines diffusions

Aucune diffusion prévue

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