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Schumann - Kreisleriana, op. 16 (2021)

Schumann - Kreisleriana, op. 16

2021 · Italie · 32min
Spectacle

Synopsis

Après avoir enregistré l'ensemble des 32 sonates pour piano de Ludwig van Beethoven pour souligner le 250e anniversaire du compositeur, Riccardo Schwartz a décidé de se concentrer sur les œuvres pour piano solo de Robert Schumann. Dans cette performance, il interprète Kreisleriana, op. 16, de Schumann, pièce que le compositeur prétend avoir achevée en tout juste quatre jours, en 1838. Le titre de cette œuvre dédiée à Frédéric Chopin, contemporain de Brahms, fait référence au personnage de Johannes Kreisler, un musicien fictif tiré des écrits d'E.T.A. Hoffmann.

Notre avis

signé Noor El-Masri
Difficile de rester indemne face à la force expressive de Riccardo Schwartz dans cette interprétation de Kreisleriana, op. 16, de Robert Schumann. Au fil des ans, cette œuvre est devenue un véritable palimpseste musical, mêlant la virtuosité, la mélancolie et l’instabilité, et Schwartz parvient à capter cette complexité avec une sensibilité rare. La performance tient autant de l’introspection que de l’explosion émotionnelle, transportant l’auditeur dans un univers où la frontière entre la réalité et la rêverie s’estompe.

Ce qui frappe d’emblée, c’est la finesse du jeu et la maîtrise du rythme. Schwartz joue avec la texture sonore, alternant entre moments de délicatesse et passages plus tumultueux, illustrant à merveille l’esprit contrasté de l’œuvre. La précision technique renforce la puissance des interprétations, sans jamais tomber dans l’accusation de virtuosité gratuite. Le choix de l’interprétation d’ensemble respecte la spontanéité revendiquée par Schumann lors de sa création, évoquant la précipitation de ces quatre jours magiques. L’amplitude émotionnelle est impressionnante, même si certains pourraient reprocher une intensité parfois excessive ou une tendance à privilégier la théâtralité.

Ce programme, qui s’inscrit dans une démarche hommage à Beethoven en début de parcours, se singularise par sa capacité à faire dialoguer différentes palettes expressives tout en faisant écho à un univers littéraire et fictif, incarné par le personnage de Johannes Kreisler. La mise en scène sonore de Schwartz possède une dynamique qui donne vie à la poésie tumultueuse de Schumann.

À voir, donc, pour quiconque cherche une interprétation sincère, généreuse et exigeante. La performance, riche en nuances, offre une immersion profonde dans l’âme tourmentée d’un compositeur et de son héros fictif, et constitue une expérience à la fois intime et enrichissante. Ceux en quête d’une lecture plus classique ou stricte pourraient toutefois trouver ce spectacle un peu trop chargé en expressivité.

Prochaines diffusions

Aucune diffusion prévue

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