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Affiche de Prima della rivoluzione (1964)

Prima della rivoluzione

1964
Romance Film
7.0

Disponible en streaming

Synopsis

Un dimanche d'avril 1962 à Parme, Fabrizio observe un monde au sein duquel il se sent étranger. Il vient de rompre avec Clelia, une jeune fille de bonne famille. Bourgeois lui-même, Fabrizio est tenté par les idées marxistes défendues par Cesare, l'instituteur, son ami. Agostino, un révolté qui s'est enfui de chez ses parents, accompagne fréquemment Fabrizio et cherche son amitié. Ce dernier, qui trouve sa fugue puérile, ne peut l'héberger, car sa tante Gina vient rendre visite à la famille. Peu de temps après, Agostino est retrouvé mort, noyé dans un torrent. Fabrizio s'interroge sur les raisons de son décès.

Notre avis

signé Étienne Chassagne
Bernardo Bertolucci dépeint ici l'effondrement intérieur d'un jeune bourgeois confronté aux contradictions de son époque. Fabrizio, assis entre deux mondes, incarne le malaise d'une génération italienne qui flirte avec l'idéologie marxiste tout en restant prisonnière de ses privilèges de classe. C'est moins un film sur la politique qu'une exploration psychologique de la paralysie morale: Fabrizio désire se révolter mais ne peut s'arracher à son confort matériel et affectif. La mort d'Agostino, ce jeune idéaliste que Fabrizio ne peut ou ne veut aider, constitue le choc révélateur qui expose l'insuffisance de ses convictions.

Bertolucci construit son récit avec une lenteur délibérée, cultivant une atmosphère de nostalgie et de mélancolie. Les intérieurs bourgeois, les tenues élégantes et les dialogues mesurés reflètent la lourdeur des conventions sociales qui étouffent ses personnages. Ce n'est jamais un film agité: il préfère les regards échangés, les silences parlants et les monologues intimes. La caméra se meut avec une grâce contemplative, transformant Parme en décor de rêverie où chaque moment semble chargé de signification non dite. Les performances, particulièrement celle du jeune acteur principal, capturent parfaitement cette hésitation adolescente sur le seuil de l'âge adulte.

Pourtant, le rythme très lent risque de lasser les spectateurs non préparés à l'intimisme introspectif. Le film ne propose pas de réponses, seulement des questions lancinantes. C'est précisément ce qui en fait une œuvre majeure: elle reproduit l'incertitude de Fabrizio, sa torpeur idéologique, son incapacité à agir. À réserver aux amateurs de cinéma d'auteur contemplatif, de psychologie nuancée et de politique figée dans l'amertume. Essentiel pour comprendre le cinéma italien des années 1960, même si exigeant.

Prochaines diffusions

Aucune diffusion prévue

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