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Nosferatu (2024)

Nosferatu

2024 · République tchèque - Etats-Unis · 2h09
Horreur Film -12

Disponible en streaming

Synopsis

1838. Thomas Hutter, un clerc de notaire, est envoyé en Transylvanie, dans les Carpates, chez le comte Orlok, pour lui faire signer l'acte d'achat d'une propriété, voisine de sa maison de Wisborg, en Allemagne. Malgré les mises en garde des paysans, Thomas décide de passer la nuit dans le sinistre château du comte. Celui-ci enferme le jeune homme dans sa demeure et se met en route pour Wisborg. Orlok, qui s'avère être un vampire, a l'intention de rejoindre Ellen, l'épouse de Thomas, dont il est follement épris. Depuis des semaines, la jeune femme, sous l'emprise d'Orlok, est tourmentée par de terribles cauchemars et des crises de somnambulisme...

Notre avis

signé Étienne Chassagne
Robert Eggers ressuscite le mythe vampirique avec une obsession archéologique remarquable. Son film est moins adaptation fidèle de Murnau qu'immersion dans les archétypes du désir interdit et de la maladie mortelle. Le château du comte Orlok exhale puanteur gothique et décadence : l'atmosphère prime sur la narration.

Le film excelle dans la création d'une dimension sensorielle écrasante. Chaque cadre respire une pourriture cosmique, une obsession charnelle corrompue. Klaus Kinski en vampire ne séduit pas : il pourrit, il souille, il contamine. Ellen, jeune épouse, devient prisonnière de ses désirs morbides, calvaire intérieur rendu visible par des effondrements du réel.

Eggers refuse l'horrorographie conventionnelle. Les meurtres demeurent suggérés plutôt que montrés. L'horreur émane de l'atmosphère, de la musique dissonante, des perspectives déformées. Le vampire n'agit pas : c'est une malédiction qui s'épanouit en silence, contaminant progressivement tout sur son passage.

La durée devient elle-même une arme : le film marche lentement vers l'inévitable catastrophe, nous forçant à naviguer cette pourriture croissante. Parfois cela crée une beauté sombre ; parfois cela teste sévèrement la patience.

Le scénario reste classique : l'invasion du pur par le désir charnel. Eggers ne réinvente pas l'histoire mais ravive chaque cellule avec une texture nouvelle, presque tactile. Les images seules suffiraient à justifier le visionnage.

Ceux qui espèrent une narration dynamique risquent de trouver le rythme étouffant. Le film privilégie l'esthétique à la clarté narrative.

Indispensable pour les amateurs de cinéma gothique et ceux qui prisent l'atmosphère sur l'action.

Prochaines diffusions

Aucune diffusion prévue

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