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Affiche de L'Ivresse du pouvoir (2006)

L'Ivresse du pouvoir

2006
Drame Film
6.3

Disponible en streaming

Synopsis

Jeanne Charmant Killman, juge d'instruction, est chargée de démêler et d'instruire une complexe affaire de concussion et détournements de fonds mettant en cause le président d'un important groupe industriel. Au fur et à mesure de ses investigations et de ses interrogatoires, elle comprend que son pouvoir s'accroît : plus elle pénètre de secrets, plus ses moyens de pression augmentent. Mais dans le même temps, et pour les mêmes raisons, sa vie privée se fragilise. Et bientôt vont se poser à elle deux questions fondamentales : jusqu'où peut-elle augmenter ce pouvoir sans qu'elle ne se heurte à un pouvoir plus grand que le sien ? Jusqu'où la nature humaine peut-elle résister à l'ivresse de ce pouvoir ? Peut-être en sortira-t-elle brisée ?

Notre avis

signé Étienne Chassagne
Claudel filme l'ascension du pouvoir comme drogue. Jeanne Charmant Killman est juge d'instruction tatillonne, capable de discerner le mensonge dans l'hésitation d'une paupière. Confrontée à affaire de détournements impliquant magnat industriel, elle comprend rapidement que chaque secret extirpé multiplie son pouvoir de coercition.

C'est Madone noire du droit: austère, sans séduction ostentatoire, capable de retirer le sol sous pieds avec équilibre d'acrobate morale. Isabelle Huppert, presque toujours excellente, se surpasse ici. Elle capture l'ivresse sourde d'une femme qui taste le goût de l'empire – subtil, graduel, dévastateur.

Le film voit ce que les autres ne voient pas: le pouvoir corrompt non par malveillance, mais par euphorie fonctionnelle. Jeanne n'est pas sadique. Elle est juste lucide. Elle utilise ce qu'elle sait. Plus elle sait, plus elle peut. Plus elle peut, plus elle veut savoir.

La structure narratife suit sa trajectoire ascendante: chaque interrogatoire augmente sa latitude morale. Les costumes se colorent, l'apparence se peaufine, la vie privée se désagrège. Son mari devient figurant. Sa mère meurt presque en arrière-plan. C'est dissociation élégante du coût humain de l'ascension.

Victuellement, Chabrol préfère la retenue: pas de stylisation baroque, critique par esthétique du quotidien. Bureaux administratifs gris, salons bourgeois étriqués exsudent l'asphyxie du pouvoir routinier.

La fin se perd dans spéculation philosophique. Et le film aurait gagné à explorer plus profondément certains personnages secondaires. Mais l'intention demeure incisive.

À voir pour comprendre comment le système corrompt les justices en silence. Magistral pour amateurs de critique institutionnelle austère et psychologiquement subtile.

Prochaines diffusions

Aucune diffusion prévue

/5

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