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L'Exorciste du Vatican (2023)

L'Exorciste du Vatican

2023 · Etats-Unis - Espagne - Grande-Bretagne · 1h40
Cinéma

Synopsis

Le 4 juin 1987, à Tropea, en Italie, le père Gabriele Amorth (Russell Crowe), un exorciste réputé, est appelé par le père Gianni, le prêtre local, pour intervenir dans une maison où un jeune homme semble être possédé par un démon. Amorth, connu pour ses méthodes peu orthodoxes, parvient à expulser la créature maléfique, mais sa réputation est mise à mal. Un mois plus tard, Julia, une Américaine, arrive en Espagne avec sa fille adolescente Amy et son jeune fils Henry, qui est resté muet depuis la tragique mort de son père. Ils viennent restaurer une abbaye héritée de ce dernier, mais l'atmosphère est rapidement troublée par des événements étranges. Pendant ce temps, au Vatican, Amorth fait face à une réprimande sévère de ses supérieurs, qui remettent en question ses méthodes et sa foi. La tension monte alors que des forces obscures semblent s'éveiller autour de Julia et de sa famille, et que le père Amorth doit prouver la validité de ses croyances face à une hiérarchie de plus en plus sceptique.

Notre avis

signé Youssef Ouabderazak
L'Exorciste du Vatican propose une plongée dans un univers de croyances fébriles et de peurs ancestrales, mais il peine à dépasser le stade du film d’épouvante conventionnel. La reconstitution d’époque—1987—est soignée, et l’interprétation de Russell Crowe, en exorciste fatigué mais déterminé, apporte une authenticité à la intrigue. Cependant, le scénario demeure assez classique, recyclant sans grande surprise le folklore lié à la possession et à la lutte contre les forces du mal. La scénographie efficace renforce l’atmosphère oppressante, mais l’ensemble manque parfois de rebondissements ou d’originalité pour réellement captiver.

Ce qui fait la force de ce film, c’est son traitement visuel et sonore, qui parvient à instaurer une tension constante sans tomber dans un glauque excessif. La tension psychologique est bien mâtinée, et la montée en puissance de l’angoisse aboutit à des scènes où la foi, la paranoïa et la doute lambent chaque plan. Néanmoins, le film aurait gagné à explorer davantage la complexité du personnage du père Amorth, plutôt que de s’en tenir à un archétype déjà bien exploité dans le genre. La dynamique avec la hiérarchie ecclésiastique, qui remet en question ses méthodes, aurait pu ouvrir la voie à une réflexion plus nuancée sur la foi, le doute et la puissance des croyances face à l’inconnu.

En somme, L’Exorciste du Vatican reste une œuvre efficace pour les amateurs du genre, mais ne transcende pas ses codes pour proposer quelque chose de profondément novateur. La réalisation solide, associée à une distribution crédible, en fera un visionnage correct pour ceux qui veulent une dose d’épouvante classique. Cependant, pour les cinéphiles en quête d’originalité ou de renouveau dans le film d’exorcisme, il me semble préférable de passer son chemin. À voir si le fanatisme du genre, et la fine boundaries entre croyance et scepticisme, suffisent à en faire un incontournable.

Prochaines diffusions

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