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Affiche de La Machine à tuer les méchants (1952)

La Machine à tuer les méchants

La macchina ammazzacattivi

1952
Comédie Film
6.8

Disponible en streaming

Synopsis

Encouragé par un mystérieux protecteur qu’il prend pour un saint, Celestino, un modeste photographe se découvre le pouvoir de tuer à l’aide de son appareil photo. Il l'utilise alors pour rendre la justice en faisant disparaître les villageois qui se montrent méchants, hypocrites, viles. Finalement, il se rend compte de l'arbitraire dangereux de ses actions et revient à la raison.

Notre avis

signé Étienne Chassagne
La Machine à tuer les méchants rayonne d'une candeur du cinéma d'après-guerre mêlée à une critique mordante de la justice populaire. Dino Risi, avec malveillance douce, observe un homme ordinaire qui devient vengeur autoproclamé. Celestino, photographe modeste, reçoit le "pouvoir" de tuer par l'image—un concept délicieusement absurde qui désamorce tout sentimentalisme.

Le film fonctionne comme satire sociale pertinente. Chaque victime est initialement justiciable: le politicien cupide, le patron exploiteur, la femme acariâtre. Les premiers meurtres semblent presque justes. Mais Risi construit graduellement l'horreur: qui définit la méchanceté? Qui autorise l'exécution extrajudiciaire? À quel moment le vengeur devient-il plus dangereux que ses victimes?

Aldo Fabrizi capte parfaitement la transformation de Celestino, du photographe timide au justicier autoproclamé. La mise en scène alterne entre comédie légère et malaise croissant. Le film refuse le mélodrame; les tués disparaissent simplement, et la vie reprend, indifférente.

Ce qui apparaît d'abord comme une comédie fantaisiste révèle son vrai projet: un avertissement sur le despotisme inhérent à toute prise de pouvoir unilatéral. L'intervention mystérieuse du "protecteur" souligne l'absence de moralité absolue, juste des hommes qui croient agir juste.

Le film souffre de certaines maladresses narratives mineures, inhérentes à l'époque. Quelques scènes rallongent plus qu'elles n'enrichissent. Mais la pensée centrale demeure puissante et prophétique.

La Machine à tuer les méchants anticipe les thèmes de la justice vigilante des décennies ultérieures, mais avec davantage de nuance que la plupart de ses successeurs.

À voir pour les amateurs de cinéma néoréaliste italien et de critiques sociales intelligentes. Fortement recommandé.

Prochaines diffusions

Aucune diffusion prévue

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