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Affiche de La grande bellezza (2013)

La grande bellezza

2013
Drame Film
7.5

Synopsis

Rome dans la splendeur de l’été. Jep Gambardella jouit des mondanités de la ville. Journaliste à succès, séducteur impénitent, il a écrit dans sa jeunesse un roman qui lui a valu un prix littéraire et une réputation d’écrivain frustré : il cache son désarroi derrière une attitude cynique et désabusée qui l’amène à poser sur le monde un regard d’une amère lucidité. Revenu de tout, Jep rêve parfois de se remettre à écrire, traversé par les souvenirs d’un amour de jeunesse auquel il se raccroche, mais y parviendra-t-il ? Surmontera-t-il son profond dégoût de lui-même et des autres dans une ville dont l’aveuglante beauté a quelque chose de paralysant…

Notre avis

signé Étienne Chassagne
Paolo Sorrentino offre une symphonie visuelle sur Rome et l'inquiétude morale incarnée par Jep Gambardella, journaliste et libertin confronté au vide existentiel croissant. Le film ne raconte pas tant une histoire qu'il ne peint un état d'âme : la beauté formelle de la ville contraste avec la vacuité des êtres qui la peuplent, tous englués dans l'hédonisme ou la résignation. Jep traverse ce théâtre mondain avec la conscience aiguë qu'un roman prometteur de sa jeunesse restera son unique accomplissement littéraire.

Techniquement, c'est une démonstration de maîtrise cinématographique. Les images capturent Rome dans sa splendeur architecturale et ses dédales souterrains avec une poésie rare, presque hypnotisante. Le Palais Colonna devient personnage à part entière, ses fresques et salons reflétant les aspirations oubliées des vivants. Toni Servillo incarne Jep avec une séduction usée, les yeux roulant constamment de l'amusement au dégoût. La bande sonore oscille entre pop orchestral et ambiances nocturnes, amplifiant l'impression de vie érotisée puis éviscérée.

Cependant, le film demande une patience contemplative que peu possèdent. Le rythme languit, les intrigues s'étirent sans résolution satisfaisante. Certains personnages secondaires émergent à peine du chaos narratif volontaire. L'essai philosophique prime sur l'intrigue charnelle, ce qui enchante certains spectateurs et ennuie d'autres.

Cette œuvre s'adresse aux cinéphiles quêtant une réflexion visuellement somptueuse sur la vie urbaine moderne et ses désenchantements profonds. À voir en ayant accepté d'avance qu'on n'en tirera pas de conclusions nettes, juste des impressions persistantes et troublantes.

Prochaines diffusions

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