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Affiche de Holy Motors (2012)

Holy Motors

2012
Drame Film
7.0

Disponible en streaming

Synopsis

De l'aube à la nuit, quelques heures dans l'existence de Monsieur Oscar, un être qui voyage de vie en vie. Tour à tour grand patron, meurtrier, mendiante, créature monstrueuse, père de famille… M. Oscar semble jouer des rôles, plongeant en chacun tout entier — mais où sont les caméras ? Il est seul, uniquement accompagné de Céline, longue dame blonde aux commandes de l'immense machine qui le transporte dans Paris et autour. Tel un tueur consciencieux allant de gage en gage. À la poursuite de la beauté du geste. Du moteur de l'action. Des femmes et des fantômes de sa vie. Mais où est sa maison, sa famille, son repos ?

Notre avis

signé Étienne Chassagne
Carax abandonne toute cohérence narrative conventionnelle pour offrir un hymne cinéphilique vertigineux et sans équivalent véritable. Holy Motors n'est pas un film au sens traditionnel, mais plutôt une série de variations obsédantes et infinies sur les visages humains, la performance, la mort et l'authenticité de l'être. Denis Lavant traverse une Paris vaporeuse dans une limousine noire mystérieuse, incarnant successivement un PDG dédaigneux et cupide, un meurtrier inguérissablement mélancolique, une mendiante difforme et ravagée, un père bourgeois aisé, une créature grotesque sortie directement des cauchemars. Chaque rôle assumé revêt une intensité charnelle et viscérale, mené avec une totalité excessive qui suggère moins du théâtre érudit qu'une possession spirituelle complète. Mais où se cachent les caméras? Pourquoi jouons-nous cette succession de vies de papier et d'illusion?

Carax oppose toute explication, refusant le confort narratif dont les spectateurs ont l'habitude. Le film incarne une méditation intransigeante sur la nature même du cinéma, de l'acteur, de la création artistique comme acte de résurrection. Chaque séquence fonctionne comme une œuvre autonome, brillante, terrifiante, impeccablement composée. La caméra épouse le mouvement de Lavant avec une sensualité presque hallucinée, tandis que la bande sonore génère une atmosphère d'étrangéité profondément menaçante. Certaines scènes frappent avec la force brute d'une poésie incarnée: l'enterrement d'Eva Mendes, la danse acrobatique dans les catacombes, la rencontre intime dans une maison de jeune fille morte.

La densité symbolique peut devenir hermétique pour le spectateur non-initiée, et le refus systématique de clarté narrative rebutera légitimement ceux cherchant une histoire directe et simple. C'est une œuvre exigeante, déstabilisante, magnifiquement étrange dans sa rébellion contre la forme. À réserver aux cinéphiles audacieux, aux amateurs d'art véritable et aux esprits assez intrépides pour accepter un film qui refuse catégoriquement d'expliquer ses propres énigmes. Essentiel mais radicalement difficile.

Prochaines diffusions

Aucune diffusion prévue

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