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Glass (2019)

Glass

Film Suspense

2019 · 2h10
Cinéma -12

Synopsis

La Bête, capable d'endosser 23 personnalités différentes, suit la thérapie du docteur Ellie Staple dans un hôpital psychiatrique. Elijah Price, un homme atteint de la maladie des os de verre cloué dans son fauteuil, parvient à le manipuler. David Dunn tente de mettre les deux hommes hors d'état de nuire...

Notre avis

signé Raphaël Tournier
La sortie de "Glass" en 2019 m’avait laissé un drôle de goût, oscillant entre fascination et frustration. Ce film de M. Night Shyamalan inscrit dans le genre super-héros clandestins se veut une fresque de la psychologie et de la manipulation mentale, mais il pêche souvent par son exécution puzzlesque et son rythme maladroit. On sent chez le réalisateur une volonté de déjouer les conventions du blockbuster, en se concentrant davantage sur la complexité de ses personnages que sur leurs exploits spectaculaires. C’est là sa principale qualité : une approche introspective qui pousse à questionner la frontière entre normale et pathologique, réalité et dédoublement. Cependant, cette ambition alimente aussi ses principaux défauts. Le scénario parfois labyrinthique complique la compréhension, et son aspect confus finit par diluer tout impact émotionnel ou narratif.

Le casting se révèle à la fois captivant et déconcertant. James McAvoy livre une performance impressionnante en interprétant le Bête avec une intensité glaçante, rendant la personnage à la fois inquiétant et hypnotisant. Samuel L. Jackson, encore lui, campe Elijah Price avec la tendresse noire d’un homme fragile mais manipulateur, ce qui donne une profondeur appréciable à ses motivations. Bruce Willis, malgré une présence solide, semble souvent subir le récit plutôt que le conduire.

Ce qui rend "Glass" remarquable, c’est cette volonté de faire du film un miroir tordu de la folie, du pouvoir et de la confiance. Pourtant, il ne parvient qu’à moitié à transcender ses propres limites narrative, laissant trop de zones d’ombre, de dialogues lourds et de scènes qui se traînent. La fin, qui tente de faire la synthèse de tout ce qui précède, perd en clarté et en émotion.

En résumé, "Glass" mérite une vision pour les amateurs de films complexes et les fans de Shyamalan. Mais il faut accepter de faire l’effort, car ses défauts risquent de décevoir ceux qui préfèrent une narration plus fluide et accessible. À voir, mais avec patience et curiosité, pas en mode binge-movie.

Prochaines diffusions

Aucune diffusion prévue

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