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Affiche de Bande à part (1964)

Bande à part

1964
Crime Film
7.5

Disponible en streaming

Synopsis

Deux larrons en quête de mauvais coup, Frantz et Arthur, s'arrangent pour faire la connaissance d'une étudiante qui loge chez une excentrique vieille dame dans une villa isolée près de Joinville. Odile, la jeune femme, leur confirme que son hôtesse dissimule, dans un coffre, un beau paquet de billets. Après une première tentative de cambriolage avortée, les trois amis reviennent à la charge. Surpris par la vieille dame, ils la bâillonnent et l'enferment avant de se mettre en quête du magot. Hélas, leur butin est bien loin d'égaler leurs rêves et les cambrioleurs amateurs délivrent leur captive. Arthur juge Odile responsable de ce lamentable échec…

Notre avis

signé Étienne Chassagne
Jean-Luc Godard compose une danse criminelle élégante où trois jeunes conspirent pour voler une vieille dame riche dans une villa isolée près de Paris. Cependant, le film ne s'intéresse qu'indirectement au cambriolage en tant que tel : son véritable sujet demeure la manière dont l'ennui, la jeunesse, et l'attraction physique se nouent jusqu'à créer des situations intenables et révélatrices.

Frantz et Arthur arborent l'insouciance cavalière du truand parisien urbain, tandis qu'Odile incarne la jeune bourgeoise que le crime fascine sans vraiment l'impliquer moralement. Godard regarde ces trois âmes avec indulgence amusée : il sait que leur plan échouera, que quelque chose d'incontrollable surgira inévitablement, mais il les laisse graviter dans l'espace de son film sans jugement moraliste.

La séquence dansée au café, devenue iconique cinématographiquement, capture parfaitement cet instant ineffable : trois jeunes gens éprouvant le bonheur éphémère d'exister ensemble, loin de toute conséquence pratique. Le langage cinématographique rejette les conventions narratives évidentes : le montage s'offre des libertés formelles, le dialogue s'éternise sur des détails anodins, les acteurs semblent parfois improviser naturellement.

Cette approche crée une immédiateté quasi documentaire, comme si Godard filmait des jeunes gens réels pris dans un scénario existentiel. Néanmoins, le film se complexifie graduellement : la tension entre camaraderie étudiante et attirance sexuelle chamboule l'équilibre initial fragile. L'échec du vol libère paradoxalement une violence jusque-là contenue, transformant comédie criminelle en tragédie relationnelle.

Cette œuvre fascine ceux acceptant l'absence de résolution nette ou traditionnelle, la prééminence du moment évanescent sur l'intrigue convenue. À voir pour son exploration indolente de la jeunesse urbaine et son influence durable sur le cinéma français d'auteur.

Prochaines diffusions

Aucune diffusion prévue

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