Selon Télé Star, Unchosen, une mini-série britannique disponible sur Netflix depuis avril 2022, suscite de nombreuses réflexions et interrogations, notamment en raison de sa représentation d'une communauté chrétienne isolée. La série, composée de six épisodes, a rapidement dominé le classement de la plateforme, mais son contenu pose question quant à sa possible inspiration de communautés sectaires ou de pratiques bien réelles.
Le récit suit Rosie, incarnée par Molly Windsor, son mari Adam, joué par Asa Butterfield, et leur fille Grace, au sein d’un groupe religieux reclus. Cette communauté, où les hommes prennent toutes les décisions et les femmes restent confinées au foyer, bannit toute technologie et interdit tout contact extérieur. La disparition tragique de la petite Grace lors d’un orage provoque une rupture dans cet univers clos, notamment lorsqu’un membre menace l’ordre en utilisant un smartphone pour appeler à l’aide. La série met en scène une atmosphère oppressante, proche de celle dépeinte dans La Servante écarlate, avec une sexualité conjugale réduite à un devoir, flirtant avec des pratiques évoquant le viol conjugal, tout en montrant des pratiques souvent rapportées par d’anciens membres de sectes ou communautés extrémistes.
Une inspiration concrète tirée de groupes sectaires britanniques
Les réalisateurs de Unchosen expliquent que cette communauté fictive, la Fellowship of the Divine, s’inspire de plusieurs groupes réels, notamment le Bruderhof et la Plymouth Brethren. Selon Jim Loach, qui a travaillé sur le projet, la créatrice de la série, Julie Gearey, a grandi dans le sud de l’Angleterre, où certains jeunes retrouvaient chez eux des parents impliqués dans des sectes. Le Bruderhof, une communauté pacifiste allemande fondée en 1920, compte deux branches d’environ 300 membres dans le Kent et l’East Sussex, partageant la vie en communauté, la mise en commun des revenus, une technophobie relative, ainsi qu’un code vestimentaire sobre pour les femmes, avec couvre-chefs obligatoires. Ces caractéristiques sont très proches de celles décrites dans la série.
Une autre inspiration majeure est la Plymouth Brethren Christian Church, une église d’origine britannique vieille de deux siècles, qui revendique environ 55 000 membres dans le monde. Sa structure hiérarchisée et patriarcale limite strictement l’usage d’Internet, même si le groupe possède un site officiel et une chaîne YouTube, en précisant que la technologie y est utilisée pour des besoins éducatifs ou professionnels. Les femmes y adoptent une apparence sobre et se couvrent lors des offices, ce qui fait écho aux codes vestimentaires observés dans la communauté fictive de Unchosen.
Une reconstitution fidèle ou une fiction qui flirte avec la réalité ?
Pour rendre le personnage d’Adam crédible, Asa Butterfield a regardé des documentaires et films sur le Bruderhof ou la PBCC. Il confie qu’il se souvient d’un homme si précis et mesuré dans ses gestes qu’il aurait pu ressembler à un robot, évoquant la peur constante de transgresser les règles. Cette obsession du contrôle corporel se retrouve dans la série, où les gestes des fidèles traduisent une peur permanente de la transgression.
Julie Gearey souligne que “il y a de minuscules sectes qui ne sont rien de plus qu’une famille élargie”, mais cette déclaration renforce l’impression que le flou entre communauté religieuse, famille très contrôlante, et organisation sectaire devient un terrain fertile à l’identification. La série, bien que fictive, donne ainsi l’impression que de telles communautés, hors de notre vue, pourraient réellement exister quelque part, hors champ des caméras. Une impression qui n’est pas innocente et qui alimente la crainte ou la fascination pour ces groupes secrets.
En résumé, Unchosen mêle fiction et éléments concrets issus de groupes sectaires britanniques tels que le Bruderhof ou la Plymouth Brethren. La réalisatrice a voulu rendre cette communauté plausible, voire effrayante, en s’appuyant sur des pratiques réelles et des témoignages. La série séduit et dérange à la fois, car elle évoque un univers que certains pourraient reconnaître ou craindre comme étant déjà à proximité. Une fiction qui, selon Télé Star, n’est pas si éloignée de la réalité.
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